Le Danemark envisage de rejoindre l'Union bancaire
Le gouvernement danois est favorable à une adhésion du pays à l’Union bancaire, sans passer par la case référendum. Ce qui agace les partis eurosceptiques, qui craignent un premier pas vers l'euro.
Le gouvernement danois est favorable à une adhésion du pays à l’Union bancaire, sans passer par la case référendum. Ce qui agace les partis eurosceptiques, qui craignent un premier pas vers l’euro.
Rejoindre l’Union bancaire européenne ne se traduira pas par une perte de souveraineté pour le pays, estime un nouveau rapport du ministère danois de la Justice. Le gouvernement de centre-droit est en faveur d’une adhésion à l’Union bancaire, une décision qui serait, selon ses membres, dans l’intérêt du secteur financier danois.
« Une coopération bancaire renforcée contribuerait à la stabilité économique et fiscale positive pour le Danemark. […] Nous prendrons une décision sur le sujet quand nous serons à même d’évaluer le fonctionnement pratique de cette coopération », peut-on lire dans un communiqué du gouvernement.
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L’adhésion à l’Union bancaire peut être prise sans référendum si les deux tiers des députés parlementaires y sont favorables. Si la majorité des Danois sont relativement eurosceptiques, la plupart des partis représentés au parlement sont pro-UE. Même si le gouvernement change d’ici la fin de l’année, le Parlement pourrait donc se prononcer en faveur de l’Union bancaire, sans passer par le référendum.
Critiques des eurosceptiques
Le Parti populaire danois, eurosceptique et troisième parti du pays selon les derniers sondages, est devenu le parti danois le plus représenté au Parlement européen en mai 2014. Ses membres n’ont pas tardé à critiquer le rapport du gouvernement.
« Aujourd’hui, le gouvernement a décidé que le Danemark devrait rejoindre l’union bancaire des pays de la zone euro, sans demander leur avis aux Danois », a dénoncé le chef de file du parti, Kristian Thulesen-Dahl, dans un post Facebook.
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« L’Union bancaire est naturelle pour les pays de la zone euro, reste à savoir si le gouvernement prépare le Danemark à l’euro. La population danoise a rejeté l’euro à deux reprises en référendum et le gouvernement ne respecte pas cette décision », continue-t-il.
La création d’une Union bancaire a été la première réponse de l’UE à la crise financière. En 2009, des banques de toute l’UE ont été stabilisées grâce aux deniers publics afin d’empêcher la crise de se transformer en dépression grave.
Les règles communes de l’UE régissant le secteur bancaire contribueront à la prévention des crises et à l’établissement d’un cadre permettant de gérer calmement les situations de crise.
En novembre 2014, la Banque centrale européenne (BCE) a acquis un rôle de supervision des 5 500 banques de la zone euro, dans le cadre du mécanisme de surveillance unique. Une évaluation complète de la santé financière des banques a alors été menée, afin que la BCE ait une vision claire de la situation.
Clauses d’exemption
Le Danemark a obtenu quatre clauses d’exemption du traité de Maastricht à la suite du premier rejet du traité lors d’un référendum en 1992. Ces clauses d’exemption sont reprises dans l’Accord d’Édimbourg et concernent l’union économique et monétaire (UEM), la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), la justice et les affaires intérieures (JAI) et la citoyenneté de l’Union européenne.
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Le Danemark doit donc régulièrement organiser des référendums avant de valider les nouvelles initiatives législatives européennes, comme cela a été le cas pour la Juridiction unifiée du brevet l’an dernier, par exemple.
Un référendum devrait également avoir lieu sur la participation du pays à 22 dispositions juridiques, auxquelles n’a normalement pas accès, étant donné sa dérogation au volet justice. Ces 22 mesures comprennent la directive relative à l’assistance juridique transfrontalière, la directive sur la cybercriminalité, et la directive contre l’abus et l’exploitation sexuelle des enfants. Le référendum doit être organisé avant avril 2016.