Le FMI relève ses prévisions de croissance pour la zone euro malgré une incertitude économique « élevée »

Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé mardi 14 octobre ses prévisions de croissance pour la zone euro, tout en avertissant que l’incertitude politique et les tensions géopolitiques générales continuent de faire peser des risques majeurs sur les perspectives économiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone euro.

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2024 Spring Meetings of the World Bank and International Monetary Fund
Pierre-Olivier Gourinchas, conseiller économique et le directeur des études du FMI. [Getty Images/Celal Gunes_Anadolu]

La zone euro, qui compte 20 pays, devrait désormais connaître une croissance de 1,2 % cette année, contre 1 % prévu par le FMI dans ses prévisions de juillet. Cette révision à la hausse s’explique en partie par les 1 000 milliards d’euros de dépenses d’infrastructure et de défense annoncés en début d’année par l’Allemagne, puissance industrielle et première économie de la zone euro, dont le taux de croissance prévu est passé de 0,1 % à 0,2 %.

La France, actuellement enlisée dans une crise politique qui a vu cinq Premiers ministres se succéder depuis 2024, a également vu sa croissance prévue augmenter de 0,1 point de pourcentage pour atteindre 0,6 %.

L’Espagne, principal moteur de la croissance de la zone euro ces dernières années, a vu ses prévisions augmenter de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 2,9 %. La croissance prévue pour l’Italie est restée inchangée à 0,5 %.

Le Fonds a également relevé ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale de 0,2 point de pourcentage, à 3,2 %, la légère hausse des prévisions de croissance des États-Unis à 2 % contribuant également à la révision à la hausse des prévisions mondiales.

Cette annonce intervient alors que les prix élevés de l’énergie, le ralentissement de la demande chinoise et les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump ont été largement compensés ces derniers mois par les mesures de relance budgétaire de l’Allemagne et l’impact différé des baisses de taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) sur l’investissement et la consommation dans la zone euro.

Malgré la révision à la hausse de mardi, le FMI a averti que les perspectives pour la zone euro restaient très imprévisibles.

« Une incertitude accrue sur plusieurs fronts et des droits de douane plus élevés » constituent les principaux risques à la baisse, a noté le Fonds, ajoutant que cela n’avait été que « partiellement compensé » par les mesures de relance budgétaire de l’Allemagne.

Soulignant ce point, le Fonds a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro pour 2026, de 1,2 % à 1,1 %, la France voyant également ses prévisions revues à la baisse, de 1 % à 0,9 %.

Le Fonds a également averti que les risques pesant sur l’économie mondiale « restent orientés à la baisse », les niveaux d’endettement élevés, les attaques de Trump contre la Réserve fédérale américaine et une éventuelle « réévaluation brutale des valeurs technologiques » — qui sont actuellement proches de leurs plus hauts niveaux historiques — représentant tous des dangers importants.

Il a également déclaré que les perspectives économiques de la Chine « restent faibles » malgré une prévision de croissance inchangée à 4,8 % cette année, la déflation, les niveaux d’endettement élevés et la poursuite de la crise immobilière ayant tous un impact sur la croissance de la deuxième économie mondiale.

Toutefois, le FMI a déclaré que l’apaisement des tensions commerciales et les gains de productivité potentiels liés à l’intelligence artificielle pourraient constituer des risques « à la hausse » pour l’économie mondiale.

« Si les risques de ralentissement prédominent, tout n’est pas sombre pour autant », a écrit Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du FMI et conseiller économique, ajoutant que « la coopération face aux défis mondiaux reste le fondement sur lequel construire une économie mondiale plus prospère et plus résiliente ».