Volte-face de Jean-Claude Juncker sur le portefeuille de la santé
Les produits pharmaceutiques et les technologies médicales resteront finalement dans le giron du commissaire en charge de la Santé, a annoncé le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker le 22 octobre.
Les produits pharmaceutiques et les technologies médicales resteront finalement dans le giron du commissaire en charge de la Santé, a annoncé le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker le 22 octobre.
À l’origine, dans la première mouture proposée par Jean-Claude Juncker, les questions liées au secteur pharmaceutique relevaient de la responsabilité d’El?bieta Bie?kowska, la commissaire polonaise au marché intérieur, à l’industrie, aux entreprises et aux PME.
Mais ce choix a déclenché une violente levée de boucliers, notamment au sein du Parlement européen. Certains eurodéputés, mais aussi des organisations, à l’instar de l’Alliance européenne de santé publique (EPHA), ont expliqué que Vytenis Andriukaiti, le commissaire lituanien à la Santé, serait privé d’un instrument fondamental en vue de protéger efficacement la santé des citoyens européens si le président de la Commission maintenait son choix.
>>Lire : La politique du médicament devrait rester dans le giron du commissaire à la santé
Volte-face de dernière minute
Lors de son discours sur les lignes directrices devant le Parlement européen à Strasbourg, Jean-Claude Juncker a indiqué qu’il avait révisé ses positions sur la question.
« Les produits médicaux et pharmaceutiques resteront au sein de la Direction générale pour la Santé, car j’en conviens, tout comme vous, je pense que [ces produits] ne sont pas des biens comme les autres », a-t-il commenté. Il a par la suite précisé qu’El?bieta Bie?kowska et Vytenis Andriukaitis travailleront conjointement sur certains dossiers.
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a salué la décision du Luxembourgeois dans un communiqué. Selon l’organisation, cette annonce est un signal clair envoyé aux consommateurs prouvant que leur santé passe avant les intérêts économiques.
« Nos efforts ont payé, c’est une véritable victoire des consommateurs », s’enthousiasme l’organisation.
Le mois dernier, l’industrie pharmaceutique a réfuté les rumeurs selon lesquelles elle aurait fait pression sur Jean-Claude Juncker pour qu’il enlève ses activités du portefeuille de la commissaire en charge de la santé.
« Ce que nous avons proposé en tant qu’industriels était que la Commission développe et coordonne une stratégie globale dans le domaine des sciences de la vie. Nous n’avons exercé aucune pression ni même exprimé notre point de vue sur la manière dont une unité [au sein de la Commission] devrait être structurée », a assuré Richard Bergström, le directeur général de la Fédération européenne des associations de l’industrie pharmaceutique.