Des spaghettis aux insectes bientôt dans nos rayons ? L’EFSA donne son feu vert

Une poudre de vers de farine jaunes pourrait être la prochaine denrée alimentaire à base d’insectes à faire son apparition dans les rayons des supermarchés de l’UE, après avoir reçu le feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

Euractiv.com
The,Hand,Holding,The,Hong,Kong,Caterpillar.
Cet avis est le septième nouvel aliment dérivé d’insectes dont l’EFSA a évalué l’innocuité, après ceux concernant le ver de farine jaune séché et les préparations congelées et séchées de criquets et de grillons. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/hand-holding-hong-kong-caterpillar-2143340275" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK]</a>]

Une poudre de vers de farine jaunes pourrait être la prochaine denrée alimentaire à base d’insectes à faire son apparition dans les rayons des supermarchés de l’Union européenne, après avoir reçu le feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a conclu qu’elle ne soulevait aucun problème de sécurité.

L’avis scientifique, qui porte sur la sécurité de la poudre de vers de farine jaunes traitée aux UV, a été publié jeudi (1er juin) à la demande de la Commission européenne, qui a chargé le groupe scientifique de l’EFSA sur les nouveaux aliments et les allergènes alimentaires d’étudier la poudre de larves suite à une demande de l’entreprise française Nutri’Earth.

L’EFSA a conclu que la poudre, fabriquée à partir de la forme larvaire de l’espèce d’insecte Tenebrio molitor, est à la fois nutritionnelle et sûre dans les utilisations proposées par l’entreprise.

Il s’agit d’un ingrédient qui peut être utilisé dans divers produits alimentaires, y compris ceux à base de farine tels que les gâteaux, le pain de blé et les petits pains, ainsi que les pâtes et le fromage. La population cible est la « population générale ».

Bien que le groupe scientifique ait exprimé certaines inquiétudes quant au fait que le nouvel aliment puisse induire une « sensibilisation primaire et des réactions allergiques » aux protéines du ver de farine jaune, en particulier chez les personnes allergiques aux crustacés et aux acariens, dans l’ensemble, les études de toxicité « n’ont pas soulevé d’inquiétudes en matière de sécurité [de l’aliment] ».

« Étant donné qu’aucun effet indésirable n’a été observé dans les études toxicologiques disponibles dans la littérature sur les vers de farine jaunes séchés ou n’a été identifié à partir de l’historique de l’utilisation du [nouvel aliment] et de sa source, le groupe scientifique considère qu’il n’y a pas de problème de sécurité, à condition que les larves soient élevées séparément des adultes », peut-on lire dans l’avis.

Il s’agit du septième nouvel aliment dérivé d’insectes dont l’EFSA a évalué l’innocuité, après ceux concernant le ver de farine jaune séché et les préparations congelées et séchées de criquets et de grillons.

Pour l’International Platform of Insects for Food and Feed (IPIFF), l’ONG européenne qui représente les intérêts du secteur de la production d’insectes, cet avis marque une étape importante dans la commercialisation plus large d’insectes comestibles dans l’UE, les positionnant comme une « source complémentaire de protéines de haute qualité ».

« Cet avis positif de l’EFSA montre les opportunités qui s’offrent à la stratégie européenne sur les protéines, et en particulier au secteur des insectes comestibles », a commenté Christophe Derrien, secrétaire général de l’IPIFF, qui estime que les produits dérivés d’insectes représentent un « ajout durable » au mélange de production de protéines dans la bioéconomie.

Cet avis fait suite aux préoccupations croissantes concernant l’utilisation d’insectes comme denrées alimentaires.

Par exemple, une récente étude slovaque a révélé que plus d’un Slovaque sur trois craignait que la consommation de protéines d’insectes ne mette en danger la santé publique.

Parallèlement, la question gagne de plus en plus de terrain en Italie, où le gouvernement de droite a récemment pris des mesures pour interdire l’utilisation de farine d’insectes dans les pâtes afin de sauvegarder les traditions culinaires du pays.

Prochaines étapes

Conformément au processus législatif relatif aux nouveaux aliments, l’avis de l’EFSA sera présenté par la Commission européenne aux États membres de l’UE afin qu’ils discutent de l’opportunité d’autoriser le nouvel aliment et de ses conditions d’utilisation.

En cas de vote favorable au niveau des États membres, il appartiendra à la Commission d’établir des règles pour sa commercialisation dans le cadre d’un processus qui pourrait durer jusqu’à sept mois.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]