Face à la pression des États-Unis, Emmanuel Macron appelle l'UE à renforcer sa règlementation numérique
« Nous devons agir en tant qu'Européens et adopter une posture de puissance », a soutenu Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron estime que l’UE devrait renforcer son cadre règlementaire numérique – le règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) et celui sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA) – face à l’instabilité géopolitique croissante.
Les démocraties européennes risquent de subir « une pression soutenue de la part des régimes autoritaires et des algorithmes contrôlés par une poignée de puissants », a déclaré Emmanuel Macron lors d’un discours devant des ambassadeurs, reformulant ainsi les préoccupations déjà exprimées concernant l’offensive menée par l’administration Trump contre les règles technologiques de l’Union.
Le président de la République avait déjà critiqué l’application « beaucoup trop lente » du DSA par l’UE. Jeudi, il est allé plus loin en appelant le bloc à « défendre » et « renforcer » le DSA et le DMA, proposant ainsi une contre-argumentation agressive aux attaques de plus en plus audacieuses de Washington contre l’état de droit numérique de Bruxelles.
Macron a également profité de son discours pour signaler le soutien de la France à la communication récemment adoptée par la Commission sur le Bouclier européen pour la démocratie, une stratégie de résilience démocratique validée en novembre qui vise à lutter contre la désinformation en ligne et les attaques hybrides, en particulier celles provenant d’acteurs russes.
Mais, malgré une rapide allusion à la Russie, l’essentiel du discours de Macron a porté sur l’état actuel des relations transatlantiques, en réponse à la deuxième administration Trump qui a fortement intensifié ses critiques à l’égard des règles technologiques de l’UE, telles que le DSA, affirmant que le bloc cible spécifiquement les plateformes américaines.
Le mois dernier, l’administration Trump a désigné plusieurs grandes entreprises européennes, dont Mistral, la star française de l’IA, comme cibles potentielles de sanctions américaines si l’UE continue à infliger des amendes aux géants technologiques américains.
Macron a également critiqué les États-Unis pour avoir « enfreint les règles internationales » et « s’être progressivement détournés » de leurs alliés européens, à la suite de la nouvelle rhétorique américaine sur la prise de contrôle du Groenland, un territoire autonome du Danemark, membre de l’UE.
« Nous devons agir en tant qu’Européens et adopter une posture de puissance », a exhorté M. Macron.
Le président français a également profité de son discours pour réitérer son intention de renforcer la protection des enfants en ligne en présentant un projet de loi national visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.