Passage à l’électrique : les voitures de fonction toujours à la traîne, selon un rapport

Selon un nouveau rapport de l’ONG Transport & Environment publié mardi (11 juin), les entreprises européennes peinent à faire passer leurs flottes de véhicules à l’électrique, faisant moins bien à cet égard que les consommateurs privés, et ce pour la troisième année consécutive.

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En 2023, le taux d’entreprises européennes ayant opté pour des véhicules zéro émission est inférieur à celui des particuliers (14,1 % contre 15,6 %), et ce pour la troisième année consécutive. [Shutterstock/VTTStudio]

Selon un nouveau rapport de l’ONG Transport & Environment publié mardi (11 juin), les entreprises européennes peinent à faire passer leurs flottes de véhicules à l’électrique, faisant moins bien à cet égard que les consommateurs privés pour la troisième année consécutive.

Ce rapport intervient alors que la Commission lance une consultation publique sur le verdissement des flottes de véhicules de fonction.

Dans le rapport, il est indiqué que dans l’UE, six nouvelles immatriculations sur dix sont des voitures de fonction.

À ce titre, les acheteurs de voitures de fonction, principalement des sociétés de leasing, pourraient jouer un rôle important pour atteindre l’objectif zéro émission de l’UE, compte tenu également de leur utilisation continue des voitures, de leur pouvoir d’achat plus élevé que celui des acheteurs privés et des avantages fiscaux dont bénéficient les voitures de fonction.

Toutefois, en 2023, le taux d’entreprises européennes ayant opté pour des véhicules zéro émission est inférieur à celui des particuliers (14,1 % contre 15,6 %), et ce pour la troisième année consécutive. Cela est particulièrement vrai dans les plus grands marchés européens, la France et l’Allemagne, alors que la situation est plus contrastée dans les autres pays.

Plus grande source d’émissions

Par ailleurs, le rapport constate que les flottes de véhicules des entreprises sont la plus grande source d’émissions produites par les voitures neuves puisqu’elles immatriculent deux fois plus de grands SUV que les acheteurs privés et qu’elles parcourent chaque année deux fois plus de kilomètres.

En outre, les auteurs du rapport constatent que les entreprises immatriculent davantage de véhicules hybrides rechargeables, qu’elle considère comme de « fausses voitures électriques ». La Commission a noté que les hybrides rechargeables émettent 3,5 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que ce qui est officiellement déclaré, car dans la réalité, les consommateurs sont plus enclins à utiliser le moteur à essence de l’hybride.

Le fait que les entreprises optent moins pour des véhicules zéro émission que les particuliers peut être vu comme une occasion manquée de soutenir les constructeurs automobiles de l’UE dans leur transition vers l’électrifique, d’autant plus que les entreprises préfèrent les marques de voitures européennes.

Une nouvelle règlementation

Les conclusions du rapport sont particulièrement pertinentes dans le cadre de la consultation publique en cours sur le verdissement des flottes de véhicules de fonction, sur la base de laquelle la Commission européenne devrait proposer une nouvelle règlementation européenne.

Transport & Environment estime que toute nouvelle règlementation devrait inclure des objectifs contraignants en matière de véhicules zéro émission pour les grandes flottes (100 voitures ou plus) et les sociétés de leasing.

L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a confié à Euractiv que « l’industrie a déjà une voie bien définie vers un objectif de -100 % de CO2 en 2035. Par conséquent, nous devons examiner attentivement l’équilibre entre toute proposition d’objectifs obligatoires supplémentaires et l’état des conditions favorables ».

L’ACEA a souligné le besoin de bornes de recharge et d’incitations fiscales pour la transition vers les véhicules électriques, et a affirmé que « nous devons voir environ 22  000 bornes de recharge publiques installées chaque semaine pour atteindre l’objectif de réduction de 55 % des émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes d’ici 2030 ».

L’organisme industriel a conclu que les régulateurs devraient donner la priorité à la stimulation de la demande de véhicules électriques plutôt qu’à des objectifs contraignants.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]