Meta : le concurrent de Twitter, Threads, pas lancé dans l’UE, pour des questions règlementaires

Meta a choisi de ne pas mettre à disposition des internautes de l’Union européenne son nouveau réseau social, présenté comme concurrent de Twitter, dont le lancement est prévu jeudi, une décision liée à la règlementation européenne, selon une source proche du dossier.

/ Euractiv.com
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En lançant Threads, Meta semble vouloir tirer parti du mécontentement général suscité par l’orientation de Twitter depuis son rachat par Elon Musk. [SHUTTERSTOCK/Iv-olga]

Meta a choisi de ne pas mettre à disposition des internautes de l’Union européenne son nouveau réseau social Threads, présenté comme concurrent de Twitter, dont le lancement est prévu jeudi (6 juillet), une décision liée à la règlementation européenne, a indiqué mercredi (5 juillet) une source proche du dossier.

La nouvelle plateforme ressemble beaucoup à Twitter, selon des images postées sur les magasins d’application.

Meta a choisi d’attendre avant de proposer Threads aux résidents de l’Union européenne le temps de clarifier les conséquences du nouveau règlement des marchés numériques (Digital Markets Act, DMA), entré en vigueur début mai, selon la source.

Le DMA vise à imposer des règles spécifiques aux entreprises incontournables d’Internet, notamment Meta, pour éviter des pratiques anticoncurrentielles.

Cette décision a également été prise en raison de la nouvelle loi sur les marchés numériques (Digital Services Act, DSA), en vertu de laquelle Meta devrait être considérée comme un « contrôleur d’accès ».

Le groupe de Menlo Park (Californie) n’en a pas mois l’intention, à terme, de lancer Threads en Union européenne, à une date encore à définir, a indiqué la source proche du dossier.

Sollicité par l’AFP, Meta n’a pas donné suite dans l’immédiat.

La présentation de Threads sur les boutiques d’application aux États-Unis indique que seront recueillies et utilisées à des fins publicitaires des données personnelles des utilisateurs liées, entre autres, aux contacts et à la géolocalisation.

Le groupe Meta, co-fondé par Mark Zuckerberg, a subi plusieurs revers ces derniers mois en Union européenne sur les terrains judiciaire et règlementaire.

La Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a estimé mardi que Meta avait porté atteinte aux intérêts et aux droits des utilisateurs de ses services en collectant, sans autorisation, des données personnelles à des fins de publicité ciblée.

Fin mai, la maison-mère de Facebook s’est vu infliger par la Commission irlandaise pour la protection des données (DPC) une amende record de 1,2 milliard d’euros pour avoir enfreint les règles européennes sur la protection des données (RGPD) via Facebook.

Twitter fragilisé

Le lancement de Threads intervient alors que le réseau social à l’oiseau bleu est fragilisé.

En lançant Threads, Meta semble vouloir tirer parti du mécontentement général suscité par l’orientation de Twitter depuis son rachat par Elon Musk en 2022. À la suite de ce rachat, le personnel de l’entreprise a été réduit, les discours haineux se sont multipliés et le nombre d’utilisateurs actifs a chuté.

La semaine dernière, la dernière modification apportée à la plateforme a beaucoup déplu, puisque le nombre de tweets que les utilisateurs peuvent consulter chaque jour a été limité.

L’évolution de Twitter au cours des derniers mois a suscité de nombreuses critiques de la part des régulateurs de l’UE, notamment en ce qui concerne le retrait de l’entreprise du Code de bonnes pratiques en matière de désinformation, un ensemble d’engagements volontaires pris par les entreprises pour lutter contre la désinformation en vue de se conformer à la loi sur les services numériques, qui entrera en vigueur au mois d’août.

Le mois dernier, Věra Jourová, vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence, a déclaré que la plateforme avait « choisi la manière forte » et la « confrontation », notant que cela avait attiré l’attention des autorités de l’UE.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]